En ligne (connectés) : 0 124

Siguiri : la lutte contre l’orpaillage clandestin provoque des tensions entre Conakry et Ouagadougou

m-burkina

L’opération de démantèlement des sites d’orpaillage illégal dans la préfecture de Siguiri prend une dimension régionale. Au-delà de ses conséquences sur les activités minières clandestines, cette mesure des autorités guinéennes suscite désormais des critiques au Burkina Faso, dont plusieurs ressortissants sont concernés par les expulsions et les départs enregistrés dans la zone.

Lancée le 29 octobre 2026 sur instruction du gouverneur par intérim de Kankan, le colonel Fadjimba Mara, cette opération vise à freiner l’exploitation anarchique de l’or et à limiter les dégâts environnementaux dans cette partie de la Haute-Guinée.

Depuis son déclenchement, de nombreux exploitants clandestins, en majorité de nationalité burkinabè, auraient quitté Siguiri pour se diriger vers le Mali, après l’arrêt forcé de leurs activités.

La situation suscite des préoccupations à Ouagadougou. En déplacement à Bamako, mercredi 4 novembre, le ministre burkinabè de la Sécurité, Mahamadou Sana, a vivement regretté la manière dont l’opération a été conduite. Il reproche notamment aux autorités guinéennes de ne pas avoir informé leurs homologues burkinabè et maliennes en amont.

Selon lui, une opération de cette ampleur aurait nécessité une préparation impliquant les pays concernés, afin de mieux anticiper ses conséquences humaines et sécuritaires.


Le responsable burkinabè affirme également que plusieurs milliers de ses compatriotes ont quitté la zone de Siguiri. Il fait par ailleurs état de blessés, dont certains auraient été touchés par balle, évoquant des traitements qu’il juge cruels et dégradants.

D’après les estimations avancées, environ 45 000 ressortissants burkinabè résideraient en Guinée, une partie importante étant active dans le secteur de l’exploitation artisanale de l’or.

Du côté guinéen, les autorités présentent cette initiative comme une réponse à la multiplication des activités minières illégales et à leurs conséquences sur l’environnement. L’objectif affiché est de protéger les ressources naturelles et de rétablir l’application de la réglementation minière.

Il reste que les réactions venues du Burkina Faso placent désormais cette opération au-delà du seul enjeu environnemental et sécuritaire. La question de la concertation entre pays voisins s’invite ainsi dans un dossier qui pourrait nécessiter des échanges diplomatiques entre Conakry, Ouagadougou et Bamako.

Kogno Célestin Sagno pour 224infos


A propos de l'auteur :

224infos