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Corruption : la Guinée s’enfonce dans le classement mondial

Capture d'écran - 11/01/2022 à 16h08

Avec un score toujours plus faible, le pays confirme la fragilité de ses institutions et le scepticisme persistant des citoyens.

La Guinée continue de perdre du terrain dans la lutte contre la corruption. D'après le dernier rapport de Transparency International, le pays obtient seulement 26 points sur 100 dans l'Indice de perception de la corruption 2025, un résultat qui le place parmi les États les plus mal classés au monde. Au-delà du chiffre, cette performance reflète une crise de confiance profonde entre les institutions publiques et la population.

Dans un an, la situation est encore détériorée. Le pays recule dans le classement mondial, passant de la 133ᵉ à la 142ᵉ position. Ce recul contraste avec les ambitions affichées par les autorités dirigées par le général Mamadi Doumbouya, qui avaient fait de la moralisation de la vie publique une priorité. la création d'organes spécialisés comme la Cour des infractions économiques et financières, les résultats peinent à convaincre, laissant penser que les réformes engagées restent malgrés insuffisantes face à l'ampleur du phénomène.

Une position fragile en Afrique de l'Ouest

À l'échelle régionale, la Guinée figure parmi les moins bien notées. Elle est nettement avancée par des pays comme le Sénégal et le Bénin, mais aussi par la Côte d'Ivoire, le Ghana et le Burkina Faso. Elle affiche des scores proches de ceux du Libéria, du Mali, du Niger et du Nigeria, qui rencontrent également de sérieuses difficultés dans ce domaine.

Plus largement, l'Afrique subsaharienne demeure la région la moins performante au monde, avec une moyenne de 32 points. Seuls quelques pays comme les Seychelles, le Cap-Vert, le Botswana et le Rwanda se distinguent par des scores plus élevés.

Un problème mondial, mais des modèles existants

La corruption reste un défi planétaire. La moyenne mondiale s'établit à 42 points, preuve que de nombreux États peinent à garantir une gestion transparente. Cependant, certains pays comme le Danemark, la Finlande ou Singapour montrent qu'il est possible de maintenir des normes élevées. Même des démocraties solides telles que les États-Unis, le Canada et la Nouvelle-Zélande restent vigilantes face à ce fléau.

Une alerte sérieuse pour l'avenir

Pour la Guinée, ces résultats sonnent comme un avertissement. Ils mettent en lumière les failles persistantes du système public et l'urgence de réformes plus efficaces. Sans progrès concrets, le risque est grand de voir la défiance citoyenne s’accentuer davantage, fragilisant encore la crédibilité de l’État et de ses institutions.

Kogno Célestin Sagno pour 224infos


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