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Reprise des dépositions dans le procès du colonel Bienvenue Lamah au tribunal de Dixinn

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Après trois semaines de suspension, les audiences ont repris ce lundi 16 février 2026 dans la procédure judiciaire visant le colonel de la gendarmerie nationale Bienvenue Lamah. Les parties civiles ont de nouveau comparé devant le tribunal criminel délocalisé de Dixinn pour poursuivre leurs dépositions dans ce dossier lié au massacre du 28 septembre 2009.

Le colonel Lamah est poursuivi pour complicité d'assassinat, de meurtres, de violations et de coups et blessures volontaires. Au moment des faits, il occupe le poste d'instructeur au centre d'entraînement de Kaléah. Selon l'accusation, plusieurs recrues issues de ce centre sont soupçonnées d'avoir participé aux violences commises au Stade du 28 septembre, qui ont fait plus de 150 morts et de nombreux blessés parmi les civils.

La défense dénonce des témoignages fragiles.

Face aux accusations, les avocats du prévenu contestent la crédibilité de certains témoignages. Ils évoquent des déclarations incohérentes et soulignant que plusieurs plaignants auraient témoigné au nom de proches sans disposer de procuration ni de qualité juridique reconnue.

La défense estime également qu'aucun témoin n'a même affirmé avoir vu directement le colonel Lamah sur les lieux des faits, malgré les accusations portées précédemment par le capitaine Toumba Diakité, lui-condamné dans ce dossier.

Pour les avocats, cette situation renforce leur position et constitue un élément favorable à leur client.

D'autres officiers concernés par les décisions à venir

Par ailleurs, le tribunal doit également examiner la situation des autres responsables militaires poursuivis dans cette affaire. Il s'agit notamment des colonels Jean-Louis Kpoghomou et George Olemou, ainsi que de l'adjudant-chef Thomas Touaro.

Le juge doit se prononcer sur les exceptions soulevées par leurs avocats, qui demandent l'annulation de l'ordonnance de renvoi devant le tribunal, ainsi que leur mise en liberté d'office.

Un procès suivi de près

La reprise des audiences marque une nouvelle étape dans ce procès historique, considérée comme l'un des plus importants de l'histoire judiciaire récente de la Guinée. Les décisions à venir pourraient avoir des conséquences majeures, tant pour les accusés que pour les victimes et leurs familles, qui attendent depuis plus de quinze ans que justice soit rendue.

Fanta Kaba pour 224infos


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