À l’ONU, Mamadi Doumbouya défend une Guinée souveraine et tournée vers la transformation
À la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, le président guinéen Mamadi Doumbouya a consacré une large partie de son intervention à la trajectoire de développement de la Guinée. Le chef de l’État a notamment mis en avant les investissements réalisés dans les infrastructures, les secteurs sociaux et l’exploitation des ressources naturelles, tout en défendant une approche fondée sur les choix propres du pays.
Parmi les réalisations citées, le président guinéen a évoqué le développement du réseau routier. Selon lui, plus de 1 000 kilomètres de routes bitumées ont été réalisés afin de faciliter les déplacements et de renforcer la liaison entre les différentes régions du pays.
« Nous avons pu accomplir plus de 1000 kilomètres de routes bitumées qui désenclavent nos régions », a déclaré Mamadi Doumbouya.
Le secteur minier occupe également une place centrale dans cette vision. Le président a présenté le projet Simandou comme un levier majeur de transformation économique, affirmant que ce vaste programme minier et infrastructurel est désormais réalisé.
La transformation locale des ressources naturelles figure aussi parmi les priorités évoquées. Mamadi Doumbouya a annoncé la construction de trois raffineries d’alumine destinées à permettre à la Guinée de transformer une partie de sa bauxite sur son territoire. Il a également affirmé que le pays avait achevé ce qu’il présente comme la plus grande raffinerie d’or d’Afrique en capacité de production.
À cette stratégie s’ajoute le programme « Simandou 2040 ». Présenté comme une feuille de route pour les quinze prochaines années, ce programme vise, selon le président guinéen, à élargir les effets du projet Simandou à plusieurs secteurs de l’économie.
« Le programme Simandou 2040 incarne une ambition de transformation structurelle de notre économie », a-t-il soutenu.
Agriculture, énergie, infrastructures, éducation et santé sont ainsi présentés comme les principaux domaines appelés à bénéficier de cette dynamique. Pour le chef de l’État, Simandou ne doit donc pas être limité à l'exploitation minière, mais devenir un instrument de transformation économique et sociale.
La jeunesse au cœur du développement
Dans son discours, Mamadi Doumbouya a également insisté sur la place de la jeunesse dans l’avenir de la Guinée. Il a estimé que les réalisations présentées à la communauté internationale ne constituaient pas une finalité.
« Ces résultats obtenus en moins de trois ans ne sont pas cités par vanité », a-t-il déclaré.
Le président guinéen a identifié la jeunesse comme l’une des principales ressources du pays. Il a appelé à renforcer l’accès à une éducation de qualité, à développer des formations adaptées aux besoins du marché du travail et à multiplier les possibilités d’emploi et d’entrepreneuriat.
La mise en place de dispositifs tels que Simandou Academy s’inscrit, selon lui, dans cette volonté de préparer les jeunes aux nouvelles opportunités liées à la transformation économique du pays.
Une gouvernance adaptée aux réalités africaines
Au-delà des projets économiques, le président guinéen a développé un plaidoyer en faveur de modèles de gouvernance davantage adaptés aux réalités nationales.
Selon Mamadi Doumbouya, les États africains doivent pouvoir s’inspirer des expériences étrangères sans nécessairement reproduire des modèles institutionnels conçus dans d’autres contextes.
« Lorsque les modèles de gouvernance sont adaptés aux réalités historiques, sociales et culturelles de chaque nation, plutôt qu’importés sans discernement, le développement s’accélère », a-t-il affirmé.
Pour étayer son argumentaire, il a cité plusieurs expériences en Asie et au Proche-Orient, estimant que certains pays avaient su tirer parti des expériences internationales tout en les adaptant à leurs propres réalités.
Il a ainsi appelé les pays africains à développer leurs propres trajectoires de croissance, en s’appuyant sur leurs ressources, leurs réalités sociales et leurs priorités nationales.
Une souveraineté qui ne signifie pas l’isolement
Le discours présidentiel a toutefois cherché à distinguer souveraineté et repli sur soi. Mamadi Doumbouya a assuré que la volonté de la Guinée de décider de ses propres orientations ne constituait pas un refus de la coopération internationale.
« Ce n’est pas un rejet du monde ni de la coopération internationale, bien au contraire », a-t-il précisé.
Le chef de l’État a plutôt défendu une nouvelle approche des relations avec les partenaires internationaux, fondée sur le respect de la souveraineté, la coopération et la co-construction.
Il a notamment appelé à « un partenariat gagnant-gagnant, respectueux de la souveraineté de chaque nation, fondé sur la co-construction, plutôt que sur des schémas préétablis qui ignorent nos réalités ».
En conclusion, Mamadi Doumbouya a réaffirmé l’attachement de la Guinée au multilatéralisme, au droit international et à la Charte des Nations unies.
Il a résumé sa vision du développement national par une formule devenue centrale dans son intervention :
« La République de Guinée avance. Elle avance avec ses propres moyens, sur la base de ses propres choix, au service de son propre peuple. »
À travers ce discours, le président guinéen a ainsi voulu présenter une Guinée qui entend accélérer sa transformation économique tout en revendiquant une plus grande maîtrise de ses choix de développement. Infrastructures, valorisation des ressources minières, jeunesse, gouvernance et coopération internationale constituent les principaux axes de cette vision exposée devant la communauté internationale.
Kogno Célestin Sagno pour 224infos