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Eco 18 de Cosa : le journaliste Yamoussa Cheikh interpellé à l’aube puis relâché après plus de quatre heures de garde à vue

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Une intervention des forces de sécurité dans le quartier de Cosa a conduit, ce mardi aux premières heures de la matinée, à l'interpellation du journaliste Yamoussa Cheikh, reporter au sein de Cavis Media. L'épisode, que le professionnel de la presse qualifie de « détention injustifiée », suscite aujourd'hui de nombreuses réactions dans le milieu médiatique.

Selon les informations recueillies, tout a commencé vers 5 heures du matin lorsqu'une opération de déguerpissement liée à un litige foncier opposant la famille Soumah à mobilisé des agents de la gendarmerie. Plusieurs pick-up ont été déployés sur les lieux pour sécuriser l'intervention.

Réveillé par l'agitation, Yamoussa Cheikh serait sorti de son domicile pour constater la situation. Il affirme n'avoir réalisé aucune prise d'image ni aucun enregistrement, se limitant à observer la scène depuis son perron.

« Je n'ai fait qu'observer ce qui se passait devant chez moi, sans filmer ni photographier », explique-t-il.

C'est toutefois cette présence qui aurait attiré l'attention des agents sur place. Interrogé sur son identité, le journaliste se présente comme professionnel des médias. Un élément qui, selon son témoignage, aurait immédiatement tendu les échanges avec les forces de l'ordre.

Il rapporte avoir été embarqué de force dans un véhicule de service, sur décision du chef de mission, peu après avoir décliné sa qualité de journaliste.

« Dès que j'ai indiqué que j'étais journaliste, le comportement à mon égard a changé. J'ai eu le sentiment d'être perçu comme une menace potentielle », confie-t-il.

La situation n'a trouvé son dénouement qu'après l'intervention de la direction de Cavis Media ainsi que des responsables de l'Union des radiodiffusions et télévisions libres de Guinée (URTELGUI). Après plus de quatre heures de rétention, le journaliste a finalement été libéré.

De retour à la liberté, Yamoussa Cheikh dénonce une pratique qu'il juge préoccupant, estimant qu'un simple statut de témoin ne devrait pas conduire à une interpellation.

« Être présent sur les lieux d'une intervention publique, surtout devant son propre domicile, ne devrait pas être assimilé à une infraction », insiste-t-il.

Cet incident relance une fois de plus le débat sur les relations entre forces de sécurité et journalistes en Guinée, ainsi que sur les conditions de protection des professionnels des médias, même en dehors de leurs activités de reportage.

Kogno Célestin Sagno pour 224infos


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