Affaire Ibrahima Chérif Bah : la CRIEF scelle définitivement sa condamnation en appel
La procédure judiciaire engagée contre l'ancien gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), Ibrahima Chérif Bah, a franchi une nouvelle étape ce mardi 23 juin. La Chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a confirmé l'intégralité de la décision rendue en première instance, maintenant ainsi la peine de cinq ans de prison ferme prononcée à sa rencontre.
La juridiction d'appel a estimé que les faits reprochés à l'ancien responsable de la BCRG étaient suffisamment établis. Il demeure reconnu coupable de détournement de fonds publics, d'enrichissement illicite, de blanchiment de capitaux et d'abus de fonction. Le dossier porte notamment sur un préjudice financier évalué à 10,5 millions de dollars.
Outre la peine privative de liberté, la Cour a confirmé l'amendement de cinq milliards de francs guinéens déjà infligés au prévenu. Elle a également validé la confiscation de l'ensemble de ses biens et avoirs au profit de l'État, tout en maintenant le mandat d'arrêt émis contre lui.
Sur le plan civil, la décision est tout aussi lourde de conséquences. L'État guinéen, constitué partie civile, obtient le remboursement intégral des 10,5 millions de dollars détournés. À cela s'ajoutent dix milliards de francs guinéens accordés à titre de réparation pour les différents dommages subis.
Dans un souci de transparence et de publicité judiciaire, les magistrats ont également ordonné la publication du verdict dans le Journal officiel de la République, les frais étant entièrement soutenus par le condamné.
Cette confirmation intervient après plusieurs mois d'examen du dossier en appel. Lors des débats tenus fin mai, le parquet avait plaidé pour un durcissement de la sanction, réclamant dix années d'emprisonnement ainsi que le maintien des mesures conservatoires prises sur les biens de l'ancien gouverneur.
En validant sans modification le jugement initial, la Chambre des appels consolide l'une des décisions les plus marquantes rendues par la CRIEF depuis sa création. Ce verdict s'inscrit dans la dynamique activée par les autorités judiciaires de renforcer la lutte contre la corruption, les détournements de fonds publics et les infractions économiques en Guinée.
Kogno Célestin Sagno pour 224infos