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Rénovation des stades de Conakry : les choix de Bogola Haba au cœur des interrogations

keamoubogolahaba

La rénovation du stade de Nongo et du stade du 28-Septembre, deux des principales infrastructures sportives de Guinée, suscite de nouvelles interrogations. Plusieurs décisions prises durant le passage de Keamou Bogola Haba à la tête du ministère de la Jeunesse et des Sports seraient notamment examinées dans le cadre d’enquêtes en cours.

Selon des informations recueillies auprès de sources proches du dossier, les investigations portent sur différents aspects des projets, notamment les choix techniques concernant les pelouses, les options architecturales ainsi que le mode de financement retenu pour accélérer les travaux.

Une série de choix techniques examinés

Le changement du type de pelouse figure parmi les principaux sujets évoqués. Le projet initial aurait prévu l’installation d’un gazon synthétique. Celui-ci aurait finalement été remplacé par une pelouse naturelle après des consultations avec plusieurs acteurs du monde sportif.

Une source proche du dossier affirme que le choix de la pelouse naturelle aurait été soutenu par les différentes composantes du sport, notamment les athlètes et la fédération. Le coût avancé serait passé d’environ 22 milliards de francs guinéens pour le synthétique à près de 23 milliards pour le naturel.

Pour les personnes impliquées dans le dossier, cette différence relativement limitée aurait donc justifié la nouvelle option.

Couverture des tribunes et création de loges

Les choix architecturaux constituent un autre volet des interrogations. La couverture intégrale des stades aurait été jugée par certains comme une dépense qui pouvait être différée, compte tenu des priorités en matière d’infrastructures sportives.

La construction de Skybox et de loges modernes serait également concernée. Des critiques auraient porté sur le caractère jugé trop luxueux de certains aménagements, alors que d’autres investissements étaient considérés comme plus urgents.

Ces trois éléments — la pelouse naturelle, la couverture complète et les espaces VIP — figureraient ainsi parmi les principales décisions examinées.


Plusieurs jours d’audition

Sur le volet judiciaire, une source proche du dossier affirme que l’ancien ministre aurait été entendu durant plusieurs jours par les enquêteurs.

Selon ce témoignage, Bogola Haba aurait été retenu du début de la semaine jusqu’au samedi 5 septembre avant de regagner son domicile. La même source évoque également une présence des enquêteurs autour de sa résidence.

Elle précise par ailleurs que d’autres responsables du département ministériel auraient été entendus dans le cadre de la procédure, sans toutefois faire l’objet d’une garde à vue, contrairement à l’ancien ministre, selon son récit.

Ces éléments restent toutefois à apprécier à la lumière des éventuelles communications officielles des autorités compétentes.

Des investissements évalués à plusieurs centaines de millions de dollars

La question du financement constitue un autre point important du dossier.
Selon les informations recueillies, le stade du 28-Septembre aurait été évalué à environ 130 millions de dollars, tandis que le coût du stade de Nongo atteindrait près de 120 millions de dollars.

Or, au moment où Bogola Haba a pris les commandes du département, les deux projets étaient inscrits au Budget national de développement. Le niveau des ressources disponibles ne permettait cependant pas, selon la source, de couvrir rapidement des investissements d’une telle ampleur.

Face à cette contrainte, l’ancien ministre aurait engagé des démarches auprès du Conseil national de la transition afin de mettre en place un autre mécanisme de financement.

Le dispositif retenu aurait notamment consisté à recourir à l’émission de titres à travers des banques primaires. Selon la source, cette formule aurait permis de mobiliser plus rapidement les ressources nécessaires et d’accélérer l’avancement des chantiers.

Le financement des stades de proximité en question

Les interrogations ne concernent pas uniquement les deux grands stades de Conakry. Le financement des infrastructures sportives de proximité serait également au centre des discussions.

Le projet porté par l'ancien département ministériel prévoyait, selon la source, la construction d'infrastructures sportives dans les différentes préfectures du pays, avec notamment des stades, des auberges et des centres médico-sportifs.

Un programme qui aurait nécessité plus de 14 000 milliards de francs guinéens à l'horizon 2033.

La même source estime que l'augmentation du Budget national de développement, passé d'environ 400 milliards de francs guinéens à plus de 2 000 milliards, aurait permis d'améliorer les capacités de financement public.

Entre accélération des travaux et interrogations sur les dépenses

Le dossier des stades de Nongo et du 28-Septembre se retrouve ainsi au croisement de deux lectures.
D'un côté, les choix défendus sous la gestion de Bogola Haba sont présentés par ses soutiens comme des décisions destinées à mettre les infrastructures aux standards internationaux et à accélérer leur homologation.

De l'autre, certains de ces choix, notamment les aménagements considérés comme luxueux et le niveau des investissements engagés, font l'objet d'interrogations dans le cadre des enquêtes.

À ce stade, les éléments rapportés reposent principalement sur des sources proches du dossier. Les conclusions des investigations, ainsi que les éventuelles explications officielles de Keamou Bogola Haba et des autorités compétentes, permettront de déterminer précisément les responsabilités et la nature des griefs retenus contre l'ancien ministre.

Kogno Célestin Sagno pour 224infos


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