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Prix du carburant : la Guinée maintient le litre à 12 000 GNF malgré les pressions du marché international

essencebon

En Guinée, le prix du carburant à la pompe reste fixé à 12 000 francs guinéens le litre, un niveau maintenu depuis le 1er juin 2022. Cette stabilité intervient alors que les marchés pétroliers internationaux connaissent régulièrement des variations susceptibles d’alourdir le coût des produits énergétiques.

À travers ce maintien, l’État guinéen absorbe une partie de l’écart entre le coût du carburant et son prix appliqué aux consommateurs. Ce mécanisme permet de limiter l’impact des fluctuations internationales sur les ménages, les transporteurs et les entreprises.

La situation apparaît plus clairement lorsqu’on compare la Guinée à plusieurs pays de la sous-région. Sur les sept pays voisins pris en compte, la Guinée se classe au sixième rang en matière de prix à la pompe. Avec ses 12 000 GNF par litre, elle reste moins chère que dans cinq de ces pays, tandis que le Liberia affiche un tarif inférieur selon les données considérées.

Au Sénégal, par exemple, le super est annoncé à 990 FCFA et le gasoil à 755 FCFA, soit des montants supérieurs à 15 000 GNF une fois convertis. En Sierra Leone, le prix dépasse également 15 300 GNF. Le litre franchit aussi la barre des 15 000 GNF au Mali et dépasse 13 000 GNF en Côte d’Ivoire.

Au-delà de la comparaison régionale, le prix du carburant constitue un enjeu majeur pour l’économie nationale. Le transport des personnes et des marchandises, les activités commerciales, l’agriculture et plusieurs secteurs industriels dépendent directement ou indirectement du coût des produits pétroliers.

Une hausse significative à la pompe pourrait donc entraîner une augmentation des tarifs de transport et des dépenses logistiques. Ces coûts supplémentaires risqueraient ensuite d’être répercutés sur les prix des marchandises et des services.

En conservant le litre à 12 000 GNF, les autorités cherchent ainsi à amortir cette chaîne de transmission. Pour les ménages, cela contribue à contenir les dépenses de déplacement. Pour les transporteurs et les entreprises, notamment les PME, cette stabilité offre davantage de visibilité sur les charges liées au fonctionnement et à la distribution.

Le maintien du prix ne concerne donc pas uniquement les automobilistes. Il constitue également un moyen de limiter les effets inflationnistes d'une éventuelle flambée des cours pétroliers sur le marché intérieur.

Depuis 2022, cette politique permet ainsi à l’État de jouer un rôle de tampon entre les évolutions du marché international et les consommateurs guinéens. Elle représente toutefois un effort financier pour les pouvoirs publics, qui prennent en charge une partie de la pression liée au coût des hydrocarbures.

Dans un contexte marqué par l’incertitude sur les marchés énergétiques, le maintien du carburant à 12 000 GNF apparaît donc comme un choix à la fois économique et social. L’objectif est de préserver le pouvoir d’achat, contenir les coûts de production et de transport et éviter qu’un choc pétrolier extérieur ne se transforme rapidement en hausse généralisée des prix en Guinée.

Kogno Célestin Sagno pour 224infos


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